Le Journal du Recouvrement

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Recouvrement de créances : comment le parcours débiteur se digitalise

Dans la rubrique Recouvrement : l'oeil des pros

 

paiment-en-ligne.jpg« Vendre c’est bien, encaisser c’est mieux ». Le parcours client ne se cantonne pas à la vente d’un bien ou d’une prestation, mais à l’encaissement de la facture. Le client devient débiteur dès lors que l’échéance de paiement est dépassée. Courriers de relance, mise en demeure, procédure judiciaire… sont autant d’étapes qu’une entreprise doit maîtriser pour assurer le bon encaissement de ses factures impayées. A l’ère de la digitalisation des services, les acteurs de l’économie du numérique se sont-ils imposés sur ce parcours débiteur ? Tour d’horizon « digital » du marché du recouvrement de créances.

 

Des logiciels de recouvrement en mode SAAS

Etre organisé dans la gestion de ses encours clients est un préalable indispensable pour éviter tout écueil en matière de retard de paiement, voire d’impayé. Et bien évidemment, plus nous facturons et plus la gestion des relances doit faire l’objet d’une attention particulière : relances à J+10 / J+20, limite d’encours, mise en demeure…

 

Des logiciels métier, dédiés au suivi des factures clients, existaient déjà avant le tout numérique. Mais il est désormais clairement plus facile de disposer de solutions clé en main pour assurer ce suivi. Les plateformes web facilitant la gestion du poste clients se sont multipliées ces dernières années, toutes plus efficaces les unes que les autres. La tendance constatée sur d’autres secteurs d’activité proposant des services web faciles, rapides et pas chers est également de mise sur le secteur du recouvrement de créances. Des start-up sur le marché du poste clients, offrent désormais des accès en mode SAAS à des plateformes intuitives, simples à implémenter, et sans engagement contractuel. Le modèle du Freemium ou de l’abonnement au mois le mois est devenu la norme, remplaçant celui de l’acquisition de licence nettement plus couteux et moins flexible.

 

La désintermédiation du contentieux

Les logiciels de recouvrement sont efficaces, mais ne peuvent bien évidemment garantir le risque 0 en matière d’impayé. L’absence de règlement malgré des relances soutenues fait partie du quotidien des entreprises.

Si les logiciels de recouvrement permettent de réduire les délais de paiement, ils ne proposent généralement aucune solution après une mise en demeure infructueuse. A ce stade, des actions fortes et coercitives s’imposeront.

Pour être décisif, le changement d’interlocuteur avec un discours plus juridique devient inévitable. Le créancier n’aura donc pas d’autres choix que de mandater un professionnel pour confier le recouvrement de son encours impayé jusqu’au bon encaissement, mais avec le double inconvénient de :

-          ne plus maîtriser les actions de relance déclenchées par le professionnel

-          régler au professionnel des honoraires souvent élevés

 

Avec les nouveaux acteurs de l’économie du numérique, ces désagréments sont désormais révolus !

La digitalisation du « pré-contentieux » fournit, en effet, des solutions innovantes au créancier et disrupte le parcours débiteur. Adresser soi-même les notifications d’un cabinet de recouvrement de créances, calculer et relancer le montant des pénalités de retard avec des documents professionnels, le tout en libre-service, sont désormais possibles directement sur la toile ! Le créancier va pouvoir mettre ses menaces à exécution, à moindre frais tout en gardant la main. Le marché traditionnel du recouvrement, compliqué, opaque et cher fait désormais place aux actions intuitives, transparentes et profitables.

 

Les legaltech facilite l’accès au droit

Si des contestations sérieuses sont soulevées, le créancier ne pourra néanmoins pas faire l’économie d’un expert en recouvrement de créances ou le conseil d’un avocat. Mais nous constatons que de nombreux dossiers d’impayés ne nécessitent pas véritablement le concours d’un professionnel du droit. Les algorithmes vont, dans la plupart des cas, pouvoir s’en charger à leur place !

C’est sur ce créneau de la digitalisation de l’accès au droit que les Legaltech ont émergé. Obtenir une aide à l’analyse juridique, saisir une juridiction en quelques clics, et résoudre des litiges en ligne sont quelques-unes des prestations qu’offrent ces start-up.

 

Les avocats voient donc filer une part non négligeable du marché du contentieux au profit de ces nouveaux entrants, notamment la part pour laquelle l’affaire ne nécessite pas véritablement de compétences juridiques pointues (client de mauvaise foi, faible montant, délais de paiement non respectés, client injoignable…). Toutes ces petites difficultés qui sont malheureusement récurrentes en B to B, peuvent être prises en charge efficacement par ces plateformes web. 

 

Quelles conséquences pour les entreprises ?

Le parcours débiteur, c’est-à-dire l’ensemble des actions à déclencher après une échéance de paiement dépassée, s’en trouve donc facilité.

-          logiciels de relance nouvelle génération

-          actions pré-contentieuses coercitives et efficaces

-          procédures judiciaires simples et rapides

 

Les entreprises vont tirer profit de ces nouveaux outils, et reprendre l’avantage sur leurs débiteurs les plus récalcitrants, avec pour conséquence d’améliorer leur ratio financier : diminution des créances douteuses, renforcement de la trésorerie, réduction des délais de paiement …

Nul doute que ces prestations digitalisées vont bénéficier à notre économie.  Le cercle vertueux de la bonne santé de nos entreprises est bien devant nous !

 

 

Philippe Bernis (Direct Recouvrement) - A lire également sur les Echos Solutions



22/08/2017
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