Le Journal du Recouvrement

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Les défaillances d’entreprises s’accélèrent

Dans la rubrique Actualité du crédit

 

images.jpgLa dynamique de reflux des défaillances d’entreprises a clairement été freinée fin 2018 qui ne s’améliore qu’à l’épaisseur du trait (-1 %), soit un total de 54 600 procédures collectives prononcées. Si le premier trimestre avait été encore très favorable (-9%), le deuxième ne restait dans le vert (-2%) qu’à la faveur d’un bon mois de mai, tandis que le troisième trimestre (+6%) révélait plus clairement un changement de cap. Le dernier trimestre (+4%) n’a pas corrigé la trajectoire.  La synthèse de cette étude publiée par Altares,

 

Si les tendances semblent bonnes sur l’année, elles ont progressivement viré au rouge au fil des mois ; sur le dernier trimestre, dans la plupart des secteurs, les défaillances sont reparties à la hausse.

 

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Par taille d’entreprise

Grande Entreprise

 

Sur l’ensemble de l’année, la quasi stabilité (-1%) du nombre de défaillances d’entreprises masque en réalité une forte augmentation de la sinistralité des grandes PME. En effet, tombées à 122 en 2017, un nombre au plus bas depuis 2007, les défaillances de sociétés de plus de 100 salariés repartent à la hausse et bondissent de 11,5% en 2018 dont plus de 24% sur le seul dernier trimestre. Et ces sociétés portent à elles seules 9 300 (19%) des 48 600 emplois menacés sur le dernier trimestre, et 30 000 (18%) des 171 000 emplois menacés sur 2018 !

 

PME

 

Les PME de 10 à 49 salariés s’inscrivent elles-aussi sur une tendance délicate. Sur 2018 cette taille d’entreprises a viré au rouge dès le 2e trimestre (+3%) confirmant au 3e (+3%) mais accélérant sur le 4e (+13%).

 

TPE

 

Plus de neuf entreprises défaillantes sur dix (94%) sont des TPE de moins de dix salariés, ce sont donc elles qui rythment le bal (-1% sur l’année et +3,6% sur le dernier trimestre)

 

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Par catégorie juridique

Plus de la moitié (53%) des structures défaillantes, majoritairement âgées de 4 à 10 ans, sont des SARL. Toutefois les sociétés par actions simplifiées (SAS) sont de plus en plus nombreuses (+23%), témoignant du succès de cette forme juridique en créations d’entreprises.

 

Parmi les autres catégories juridiques défaillantes, 941 sont des associations déclarées, un nombre stable par rapport à 2017 mais en augmentation de 7% sur le second semestre ; plus d’une centaine officient dans le sport, elles sont autant dans le spectacle ou dans l’action sociale

 

Par secteur

L’industrie manufacturière semble porter le retournement le plus sensible avec une lourde dégradation de +27,9% sur le dernier trimestre, alors que la tendance annuelle est encore favorable (-5,0%)

 

L’industrie agroalimentaire reste difficilement orientée sur le dernier trimestre (+5,7%) comme sur l’année (+7,5%). Les produits de boulangerie-pâtisserie et pâtes pèsent fortement sur la tendance, et plus particulièrement les artisans boulangers (+8,4% en 2018 et +5,7% en T4).

 

Dans le bâtiment les procédures baissent de 2,3% en 2018 et augmentent de 2,2% sur le quatrième trimestre. La dégradation s’accélère en gros œuvre dans la construction de maisons individuelles (+8% sur l’année et + 16% sur le T4), en second œuvre dans les travaux de couverture (+9% sur l’année et + 27% sur le T4). Les travaux publics sont mieux orientés ; dans les travaux de terrassement, les défaillances se stabilisent sur 2018 mais reculent de 12% en fin d’année. L’immobilier affiche une moindre sinistralité sur l’année (-6,0%) comme sur le T4 (-7,2%).

 

Le commerce enregistre un recul des défaillances sur l’année (-3,7%) mais une hausse sur le dernier trimestre (+2,2%). Cette évolution est le reflet des tendances observées chez les détaillants (-5,5% sur l’année et +4% en T4), tandis que les grossistes demeurent favorablement orientés (-3,9% sur l’année et -6% en T4).

 

Les services aux entreprises semblent s’inscrire défavorablement (+6,6%) sur 2018 et plus encore sur le dernier trimestre (+9,5%).

Le transport routier de marchandises présente une sinistralité stable sur 2018 (+0,7%) mais dérape de +11,5% sur le dernier trimestre. C’est essentiellement le fret interurbain qui pèse sur l’évolution (+11,3% sur l’année et +35,8% sur le T4).

 

Dans le secteur de l’information et de la communication, les chiffres sont bien orientés à la fois sur l’année (-7,9%) et le dernier trimestre (-5,2%). Les tendances sont cependant sévères dans le conseil en systèmes et logiciels informatiques (+8,9% sur l’année et +47,2% sur le T4)

 

Dans les activités d’assurance et financières, dans le rouge en 2018 (+6,0%) et plus encore en T4 (+30,0%), les agents et courtiers d’assurances, stables sur l’année, accusent une dégradation de 57,1% sur le T4.

La restauration a contenu les défaillances d’entreprises en 2018 (+1,2%) mais souffre davantage en fin d’année (+6,1%).

 

Dans les services à la personne, les activités de coiffures (+10,8%) et soins de beauté (+11,9%) sont lourdement orientés en fin d’année

 

Par région

Quatre régions sont dans le vert en 2018 et sur le dernier trimestre.

 

La région Provence-Alpes-Côte-d’Azur est tombée à 5 310 (-13,2%) procédures collectives en 2018, le meilleur chiffre depuis 2007 (5 433). Sur le dernier trimestre, la baisse est encore de -10%. L’Occitanie emboite le pas de son voisin avec 4 758 défaillances en 2018 (-6,0%), là encore la plus faible sinistralité depuis 2007 (4 794). Le dernier trimestre tient la cadence avec un recul de -4%.

 

En Bretagne, cette année encore, les procédures collectives reculent et s’établissent à 2 041 (-6,3%) un nombre tout proche de celui enregistré en 2007 (2 024). Seul le Finistère est légèrement (+1,5%) dans le rouge.

 

Enfin, la Corse qui avait dépassé le plafond des 400 procédures annuelles depuis 2016 revient juste à cette limite.

 

Cinq régions, encore favorablement orientées sur 2018, basculent dans le rouge en fin d’année.

 

En Auvergne-Rhône-Alpes, les ouvertures de procédures collectives sont en baisse depuis 2013. 2018 poursuit la trajectoire (6 288 ; -5,7%) sans toutefois parvenir à descendre sous le seuil des 6 000 comme en 2007 (5 665).

 

Dans le Grand-Est, les défaillances se stabilisent au seuil des 4 200 juste sous la valeur de 2008 (4 343). Sur le dernier trimestre, les trois anciennes régions virent au rouge. La Champagne conserve une forte sinistralité (+16,5%) devant la Lorraine (+15,7%) et l’Alsace (+6,6%).

 

Les défaillances d’entreprises ont reculé pour la troisième année consécutive en Pays-de-la-Loire pour redescendre à 2 418 procédures (-2,2%) le meilleur chiffre depuis 2008 (2 376). La Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire sont néanmoins en légère hausse, inférieure à 2%. La région enregistre un mauvais dernier trimestre (+15%).

 

En 2017, Bourgogne-Franche-Comté parvenait à redescendre pour la première fois depuis 2006 sous les 2 000 procédures annuelles. Ce que 2018 a confirmé (1 925 ; -1,9%).

 

La région Centre-Val-de-Loire enregistre un recul de 1,9% du nombre des procédures collectives à 1 851 un nombre au plus bas depuis 2007 (1 727).

 

Les autres régions sont en difficulté sur 2018 et particulièrement sur le dernier trimestre.

 

En tête de ces régions, l’Ile-de-France. Sur 2018, 12 130 procédures ont été enregistrées, c’est 5,6% de plus sur un an, cela ramène la région à son niveau constaté en moyenne sur dix ans. Exception faite de Paris (-3%), tous les départements connaissent une augmentation du nombre des défaillances d’entreprises.

 

La Nouvelle-Aquitaine a stabilisé les procédures collectives un peu au-dessus de 4 600 (+0,2%) sa meilleure performance depuis 2007 (4 442). Sur le dernier trimestre, la tendance s’inverse fortement (+8,2%). Si l’Aquitaine contient la dégradation à +3,9%, le Limousin et le Poitou-Charentes sont aux environs de + 14%.

 

La région des Hauts-de-France était tombée sous 5 000 procédures annuelles en 2014 et approche 4 200 défaillances (+1,3%), une sinistralité qui reste au plus bas depuis 2008 (4 853).

 

En Normandie, les défaillances d’entreprises se stabilisent (+0,6%) sous 2 390, un nombre au plus bas depuis 2008 (2 123). La Calvados (+4,6%) et plus encore la Manche (+15,7%) sont dans le rouge.

 

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10/02/2019
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