Le Journal du Recouvrement

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Défaillances d’entreprises, un niveau toujours exceptionnellement bas

Dans la rubrique Actualité du crédit

 

Poches vides.jpgAltares vient de dévoiler les chiffres trimestriels des défaillances d’entreprises. 7406 entreprises ont fait l’objet d’un jugement d’ouverture de procédure collective entre janvier et mars, soit 32 % de moins que l’année dernière à la même période. Cette forte baisse constatée depuis le début de la crise sanitaire déjoue tous les pronostics… pour le moment. Si la vague de faillites prévue par les observateurs tarde à arriver, l’étude met en lumière quelques signaux inquiétants.

 

 

Une proportion de liquidation judiciaire jamais vue

Tous les chiffres liés aux défaillances d’entreprises semblent être au vert, avec une baisse dans toutes les catégories : -26% pour les sauvegardes ; -51% pour les redressements judiciaires ; -24 % pour les liquidations judiciaires

 

Mais à y regarder de plus près on constate que la part des liquidations judiciaires (directes) passe de 69 % chaque année depuis 2017 à 77 % début 2021, atteignant même 79 % sur le seul mois de mars !

 

Les entreprises convoquées sont donc de plus en plus fragiles et passent directement par la case liquidation dès la 1ère audience.

 

 

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Mois de mars, point de basculement ?

Le rythme du nombre de défaillances s’accélère très clairement sur le mois de mars. Certes, l’année dernière, à la même période, les 1ères mesures de confinement ont mis à mal le déroulement des procédures judiciaires, freinant mécaniquement les chiffres des défaillances, mais l’accélération à la fin de ce trimestre est très nette. Si sur les deux premières semaines de mars, les défaillances d’entreprises sont en très fort recul (-48 %), sur les deux suivantes elles explosent de 155 % comparées à la même période de 2020.

 

Dans le prolongement de cette fin de trimestre, il est donc fort à parier que la tendance se confirme sur le reste de l’année. Les mesures gouvernementales d’accompagnement des entreprises (chômage partiel, fond de solidarité…) vont se maintenir encore quelques semaines (jusqu’à juin ?), mais les chiffres seront implacables. Le rattrapage se fera inévitablement. Espérons simplement un atterrissage en douceur…

 

 

Histogramme.jpg

 

Des signes de fragilité dans certains secteurs

Les chiffres des défaillances, secteur par secteur, sont globalement bons sur ce trimestre, avec néanmoins quelques activités qui sont à la peine. A noter notamment :

 

  • Promotion immobilière (+85%)
  • Marchands de bien ou la location (+15%)
  • Optique et pharmacie (-14% vs -50% pour le secteur du commerce de détail)
  • Conseil en relations publiques et communication (+35%)
  • Location courte durée de voiture (+30%)
  • Agriculture dans son ensemble (-12% vs 32% sur l’ensemble des entreprises françaises)  

  

Des disparités géographiques

La baisse des défaillances est la plus forte en Corse (-51,8 %) et en Bourgogne-Franche-Comté (-51,7 %) qui voient le nombre d’ouvertures de procédures chuter de moitié sur un an.

 

La Nouvelle-Aquitaine, Bretagne et Auvergne-Rhône Alpes connaissent des évolutions comparables au-delà de -35 %. Quelques activités y sont néanmoins dans le rouge ; c’est le cas de l’agriculture (+14 %) en particulier l’élevage, ou des services aux entreprises (+4 %). Localement, l’Allier (+9%) et la Haute-Loire (+25%) basculent dans le rouge.

 

Dans les cinq autres régions métropolitaines, le nombre de défaillances recule de 25% à 30%.

 

Dans les territoires d’Outre-mer, seule la Martinique est dans le vert (-33,3% ; 52 procédures). La Guadeloupe (+10,5%) et la Réunion (+58%) passent au rouge.

 

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Thierry Million d’Alatres : « Les entreprises qui ressortiront de cette crise dans les meilleures conditions sont celles qui, au-delà de leur propre situation financière, pourront compter sur des fournisseurs et des clients fiables et solides. L’impayé client ou la faillite du client sont des situations dont beaucoup d’entreprises ne se remettront pas après le Covid. Gare à l’effet domino au moment de la reprise, le risque de défaut des clients est en effet très élevé. »

 

Téléchargez l'intégralité de l'étude ici

 

Philippe Bernis (Direct Recouvrement)



06/05/2021
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